Petit mec fragile ne se donnant pas la peine de séduire

ne s’en est jamais donné

adulé des paumés comme lui, la faille s’élargit

jusqu’à creuser des sillons impurs

ensanglantés de leurs insanités

suffisance et ignorance sont ses deux moteurs

le turbo a ses limites il rendra bientôt l’âme

faute d’avoir su ménager sa monture

son chemin s’arrêtera

quand je serai avec les sages bien au delà

m’approchant de la mer bienveillante

en son calme qui me portera en un rivage îlien

ou je reposerai mon âme fatiguée

d’avoir trop écouté de récits

faits pour me détourner

et m’éloigner de ma rive

me faire oublier pour qui je nageais

et pourquoi je ne voulais pas renoncer

la tempête fut rude

je l’ai affrontée et m’en suis affranchie

de mon épave j’ai fait un refuge ignifuge

en des eaux salés mes larmes se sont mêlées

l’ondée a enflé le volume de l’élément

où je me sens le mieux

je retrouve mon aisance, mes nageoires se déplient

elles ne sont plus douloureuses

prêtes à avancer dans ce lieu sans horizon

qui me fera j’en suis sûre,

rencontrer des sources de sagesse

à l’heure ou je serai désemparée

effrayée par ce parcours

qui pourrait me mener au cahots,

brefs instants vite effacés

par la volonté farouche d’éviter

les mégères impitoyables

prêtes à m’exclure par la force de leur balayette

aiguisée de leur amertume érodant le fil par lequel elles tentent de m’anéantir

c’est bien mal évaluer l’impossibilité d’aboutir,

des daurades et des dauphins m’accompagnent de loin dans mon périple

prêts à écarter tout intrus malveillant

sans l’anéantir pour autant

en l’entrainant sur un rivage

peuplé de ses semblables

où il oubliera jusqu’à mon existence

je pourrais enfin respirer

et reprendre mon cheminenement

pour parvenir enfin à te reconquérir.

cemj