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Arrêt sur histoire


Nous voilà arrivés au bout de notre chemin.

Car j'ai décidé de te laisser poursuivre seul tes dangers qui ne m'intéressent pas et auxquels tu m'associes pour autant que je sois d'accord avec toi

Et dans cette histoire, je me retrouve seule à payer le prix d'une lutte dont tu te défiles, te réfugiant dans un domaine qui m'est hostile et que tu te soucies peu de me rendre accessible.

J'accepte difficilement cette triste réalité qu'est ta vie.

Je commence enfin à faire le compte de ceux qui s'accrochent à ton apparence.

Ils ne sont que faiblesse et nonchalance, errant de ci delà en quête d'histoires qu'ils te servent en pâture et dont tu te repais, sans même t'apercevoir que tu ne seras jamais rassasié.

Tu n'es plus mon ami, aujourd'hui je t'évince, je te chasse.

J'ai vidé la place que je te préservais en combattant sans relâche ceux qui voulaient la combler.

J'avais espéré jusqu'à cet ultime instant un appel de toi, un geste qui n'est pas venu. J'en souffre pour l'instant, mais je suis intraitable

Non, c'est bien fini.

Oh, et puis la paix ne sera pas longue à revenir et l'amertume à se dissiper.

Si je me souviens du temps où tu n'existais pas encore aussi intensément.

Il me suffira de m'y reporter pour m'habituer à ton inexistence.

N'espères plus m'émouvoir, cette fois était la dernière, tu t'es offert le luxe de la négliger. Tant pis pour toi.

L'histoire s'arrête là.

Si je devais te rencontrer, ne t'étonne pas de ma distance et de ma froideur.

Tu m'auras donné assez d'occasions de les exercer.

Tu seras un homme parmi d'autres hommes, tu deviendras un simple passant et je n'aurai même plus le souvenir que cet étranger que je croise aura été mon ami.

J'ai pour habitude d'appliquer cette méthode à quiconque me néglige, pour toi les échéances ont été maintes fois repoussées.

Mes réserves sont définitivement épuisées ; je ne crains plus de flancher.

J'ai rétracté toutes mes aspérités auxquelles tu aurais pu te raccrocher !

N'essaie plus de t'agripper, tu t'arracherais les ongles.

Et même la vue de ton sang serait incapable de m'émouvoir.

T'es-tu reconnu? Mais oui, c'est bien de toi que je parlais.

Ne tombe pas des nues.

Tu étais à cent lieus de mes pensées

Tu n'imaginais pas que je pouvais remuer tant de sentiments rien que pour toi !

Pour ton tout petit esprit je te surprends de tant de souffrances.

Mais oui, dans ma vie tu n'es plus que quantité négligeable.

Hélas pour les intérêts que je représentais pour toi

Si tu me voyais en train d'écrire la tête bien calée dans ma main, mon bras posé sur mon dossier, j'écris avec recul.

Dès que je pense à toi j'écris avec recul.

Plus je m'affirme dans ma distance plus je me réunis.

Les éclats que j'avais dispersés dans l'espoir que tu me les ramènes,

Je les ai tous récupérés.

Oh surprise ! En refaisant mes comptes,

J'en ai gagné d'autres.

C'était finalement une bonne opération cette rupture.

Si d'autres occasions me sont données, à grands bras je les accueillerai.

Mais bien sûr, il ne s'agit plus de toi.

Je ne peux m'empêcher de réprimer un grand éclat de rire.

Tout ça parce que j'ose regarder qui tu étais, je dis "étais" car tu n'es plus rien et c'est justement parce que je constate que tu n'étais pas grand-chose que je ris.

Je ne devrais pas rire.

L' alliance avec un fat qui se donne l'air intelligent n'a rien de drôle

C'est grisant de se dire que peut-être jusqu'à ma mort il n'y aura plus jamais de rencontre.

C'est grisant et terrible à la fois car il me reste un fond d'espoir.
Il ne doit plus y avoir d'espoir j'ai dit.

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